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À quelques jours du premier tour des élections municipales, AGGLO.TV poursuit ses plateaux consacrés aux communes du territoire. Direction Jacou, avec Renaud Trinquier, tête d’une liste citoyenne qui souhaite proposer une autre vision de la gouvernance locale. Un entretien passionné autour de la démocratie participative, de l’avenir urbain de la commune et des attentes des habitants.
Renaud Trinquier se présente d’abord comme un enfant du territoire. Issu d’une famille installée depuis longtemps à Jacou, il explique avoir vu évoluer la commune au fil des décennies.
Dans les années 1990, Jacou était encore un village relativement modeste. Depuis, la commune s’est transformée, notamment avec l’arrivée de commerces, de services et d’infrastructures qui ont progressivement structuré la vie locale.
Selon lui, cette évolution s’est globalement faite dans le bon sens. La présence d’un tissu économique plus dense, de commerces de proximité et l’arrivée du tramway ont renforcé l’attractivité du village.
Aujourd’hui, Jacou bénéficie d’un emplacement privilégié à proximité de Montpellier, tout en conservant une identité propre. Mais pour le candidat, cette évolution appelle désormais une nouvelle étape : celle d’une gouvernance plus participative.
La liste portée par Renaud Trinquier s’inscrit dans une démarche citoyenne.
Le projet est né d’un collectif baptisé « Agir ensemble pour Jacou », constitué fin 2024. Les membres du groupe se sont réunis autour d’échanges et de débats sur la vie de la commune.
Pour le candidat, se présenter à une élection signifie généralement qu’un constat a été posé.
Dans leur cas, il s’agit avant tout d’un sentiment partagé par certains habitants : celui d’un manque d’écoute et de participation dans les décisions locales.
La liste se revendique sans étiquette politique, composée de citoyens issus de milieux socioprofessionnels variés et engagés dans la vie associative.
Le programme de la liste repose sur trois grands principes fondateurs :
la démocratie participative,
la transparence dans les décisions publiques,
et une plus grande proximité entre élus et habitants.
L’idée est notamment de mettre en place une charte citoyenne définissant clairement le rôle des élus et celui des habitants dans les décisions locales.
Pour Thomas Trinquier, la concertation doit intervenir avant les décisions, et non après.
Il critique certaines démarches de consultation qu’il considère parfois comme essentiellement communicantes, intervenant une fois que les choix politiques ont déjà été arrêtés.
Autre point de divergence évoqué pendant l’entretien : le cumul des responsabilités politiques.
Le candidat estime qu’il est difficile d’être pleinement investi dans sa commune lorsque l’on exerce simultanément plusieurs fonctions importantes à d’autres niveaux institutionnels.
Selon lui, cette situation peut créer un sentiment d’éloignement entre le maire et les habitants.
Il évoque notamment les délais parfois longs pour obtenir un rendez-vous ou une réponse à certaines demandes adressées à la mairie.
Sur la question de la sécurité, Renaud Trinquier estime que Jacou ne connaît pas une situation particulièrement différente de nombreuses communes comparables.
Il évoque cependant certaines préoccupations des habitants, notamment les cambriolages.
La sécurité, selon lui, ne se limite pas uniquement aux questions de délinquance.
Il souligne aussi le sentiment d’insécurité lié à certains axes mal éclairés depuis la réduction de l’éclairage public nocturne.
Parmi les solutions envisagées, la liste propose par exemple :
l’extension des plages horaires de la police municipale
l’installation d’éclairages intelligents à détection de mouvement
l’utilisation de dispositifs solaires permettant d’éclairer ponctuellement certaines zones.
L’objectif serait de concilier sécurité, économies d’énergie et respect de la biodiversité.
Un autre sujet majeur concerne l’avenir de l’école Condorcet.
Le projet municipal prévoit la construction d’un nouveau groupe scolaire et la transformation du site actuel.
Renaud Trinquier précise que sa liste n’est pas opposée par principe au projet.
En revanche, il critique la manière dont les décisions ont été prises.
Selon lui, les études comparatives entre rénovation et reconstruction n’ont pas été suffisamment présentées aux habitants.
Il souligne également l’augmentation du coût du projet.
Initialement estimé entre 4 et 5 millions d’euros pour une rénovation, le projet global serait aujourd’hui évalué à environ 17 millions d’euros, en incluant la construction du nouveau groupe scolaire et l’adaptation de l’école maternelle.
Pour la liste citoyenne, la question centrale reste celle du choix initial et du débat public autour de cette décision.
La question du logement fait également partie des préoccupations.
Thomas Trinquier se dit favorable à la création de logements, y compris sociaux, afin de permettre aux jeunes et aux travailleurs d’accéder plus facilement à la commune.
Cependant, il estime que la destruction de bâtiments existants pour créer de nouveaux logements n’est pas toujours la meilleure solution.
Il évoque d’autres possibilités, comme la rénovation de bâtiments anciens ou l’utilisation du droit de préemption dans certaines zones du village.
Le programme de la liste comporte également plusieurs propositions concernant la jeunesse et la vie associative.
Parmi les pistes évoquées :
la relance d’un service jeunesse
la création d’un nouvel espace dédié aux jeunes
la construction d’un centre de loisirs communal
une amélioration du statut du personnel périscolaire, souvent employé sur des contrats très courts.
Les associations sportives et culturelles font aussi partie des priorités affichées, notamment avec la rénovation d’équipements comme les terrains sportifs.
Pour conclure l’entretien, Renaud Trinquier résume la philosophie de sa candidature.
Sa liste souhaite représenter l’ensemble de la population de Jacou, avec une équipe issue du tissu associatif et composée d’habitants aux profils variés.
Avec une moyenne d’âge d’environ 42 ans, le collectif affirme vouloir apporter un regard nouveau sur l’avenir de la commune.
Le mot d’ordre reste celui de la participation citoyenne et d’une gouvernance locale plus ouverte.
Journaliste : Pierric-Joël LOUBAT
Technicien : Antoine RODRIGUEZ